The Empty House


Inoxydable
février 21, 2008, 11:27
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Allez une petite perle en attendant le weekend. Vous savez que je suis une grande admiratrice de la plume de FOG. Toujours prêt à dire tout et son contraire, comme le Président, de justifier l’injustifiable, de trouver les raisons les plus farfelues pour nous que nous l’aimions enfin. Et sa femme, du coup, prend un coup de brosse à reluire :

Apparemment, les Français n’ont pas apprécié l’idylle présidentielle. Si Nicolas Sarkozy enregistre aujourd’hui une dégringolade dans les sondages, c’est moins à cause de sa politique que de sa vie privée : sinon, François Fillon n’aurait pas une cote en hausse. Mais notre pays est versatile. Il brocarde trop, et souvent avec vilenie, la nouvelle première dame deFrance, femme intelligente, subtile et cultivée, pour n’être pas prêt à l’aimer un jour.

La roue tourne et rien ne dit que les Français ne seront pas bientôt fiers de voir, lors de la prochaine visite d’Etat du couple présidentiel en Grande-Bretagne, la nouvelle princesse des Gaules éclipser la reine d’Angleterre.

Ah oui elle serait belle la France, unie derriere Nicolas, approuvant tous ses caprices avec un sourire de tendre indulgence, eblouie par son talent. Une France sans problèmes stupides de pouvoir d’achat et de fins de mois difficiles, qui saurait enfin apprécier le grand homme qui réside à l’Elysée. Et bien sur dans ce pays de conte de fées, tous le monde serait naturellement conquis par l’intelligence et le raffinement de Carla.

Heureusement, tous les français ne sont pas tous des abrutis- et je reste polie-
Au dessous, spéciale dédicace pour l’auteur de ce morceau de bravoure.

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L’affaire Dati
novembre 5, 2007, 8:51
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C’est l’affaire du siècle, les plumes les plus célèbres de la presse retrouvent de leur inépuisable ardeur pour dénoncer les injustices. On s’attend là à trouver une cause noble. Il n’en est rien, il ne s’agit que d’un CV, peut -être truqué. Quelque chose de banal, en fin de compte, qui n’a pas enjolivé son curriculum, passé sous silence certaines choses, employé des formules avantageuses, ou tout simplement ajouté un emploi jamais exerce ? Dans le monde impitoyable du recrutement, il faut transformer ses échecs en réussite, prétendre que si l’on était au chômage et la dèche, c’était parcequ’ « on avait pas trouve l’emploi correspondant à son profil ». On a jamais droit à l’erreur, à dire tout simplement  » je me suis planté, là ». Bref il ne faut pas donner l’impression qu’on est un perdant. Be a leader, not a follower.
Bref, FOG s’est ému parmi les premiers de l’ « acharnement » contre Rachida Dati. Au Monde, on poursuit dans la même tendance. Quelles belles âmes, toujours prêtes à se mettre en danger pour défendre les valeurs républicaines.
La victime- qui est tout de même une personne publique, et donc qui ne devrait pas s’étonner que l’on fouille dans son passé- à quand même réussi à mobiliser un dizaine de personnes pour harceler la direction de l’Express qui allait publier l’information. En plus de bénéficier du soutien inoxydable du Président, de son amitié -cf les vacances aux States-, la belle a désormais pour la défendre une garde rapprochée de journalistes.
Dommage qu’il y en ait peu pour étaler leur indignation en colonnes noires sur blanc, pour tous les exclus, ceux qui postulent, avec un CV même pas arrangé, et qui se font rembarrer à cause d’un nom qui ne sonne pas assez « français ». Ou pour les mal logés qui squattent rue de la Banque, et que l’on traite de chiens, non pardon, de meute.
Quant à faire un symbole du cas Dati, je n’y crois pas une seconde. C’est un peu trop facile que de défendre les surprotégés. En voila une fausse colère qui ne coûtera pas son poste à un éditorialiste, sagement aligné.



Sur le Rocher
août 8, 2007, 11:07
Filed under: Humeur, Medias

A Monaco, il ne vaut mieux pas sortir de l’image glamour « casinos, voitures de luxe, famille princière passionnée par le cirque- ce qui est très peu classieux à mon avis, bref- »
L’auteur du « Monaco Politic Circus » l’apprendra à ses frais. Son site brutalement ferme, ou il traitait Albert II de « chef clown » -insulte horrible vous en conviendrez- lui vaudra peut être une condamnation a la prison ferme pour 6 mois.
Qu’on se le dise, on ne rigole pas a Monaco! En même temps, lorsqu’on voit que récemment, un jeune s’est fait condamner à 4 mois de prison, ferme toujours, pour avoir crié en public qu’il « niquait Sarkozy » etc…, les autorités monégasques n’ont aucune raison de se gêner!
Et la liberté d’expression dans tout cela? Eh regardez! On vient d’apercevoir Cécilia Sarkozy a Wolfeboro!



Christine Lagarde
juillet 3, 2007, 1:58
Filed under: Medias, Politique

La nouvelle ministre de l’économie, pour l’instant relativement discrète,a elle aussi eu le droit d’avoir son hagiographie dans Le Monde. Je ne résiste pas à vous livrer des extraits- absence complète de distance critique et admiration béate :

« Au premier rang, sur la photo de classe du conseil des ministres, elle les dépasse presque tous. Christine Lagarde, la nouvelle ministre de l’économie, des finances et de l’emploi, a un look d’actrice américaine des fifties : cheveux argent, pantalon taille haute, sourire publicitaire, silhouette longue et tonique sculptée par un passé de championne. »

« Avec son emploi du temps de ministre, elle s’arrange toujours pour caser un jogging matinal, une séance de yoga ou des longueurs dans la piscine d’un hôtel, à Sydney, à Singapour. »

Alors qui est vraiment cette nouvelle « femme d’action » ? Dans sa biographie, on apprend surtout qu’elle a passé 25 ans aux États- Unis, dans un cabinet d’avocats; une carrière qu’elle poursuivait à ING avant de se lancer dans la politique en France. On aurait pu souhaiter qu’elle reste outre-Atlantique, au vu de la politique qu’elle entend mener.
Ses premières déclarations (2005) concernent le Code du travail, qu’il faut « réformer » -entendre par cela, démanteler- et la liberté d’entreprendre. Discours relativement classique, en somme, qui recouvre en fait une volonté de soustraire le marché du travail à la loi.
Pareillement un discours classique sur la dette, un grand cheval de bataille de Sarkozy, qui est mise en cause, elle prévoit des economies, pour combler les dépenses engagées, entre autres, par le précédent gouvernement et les nouveaux cadeaux fiscaux du président- La dette financière de l’État s’est accrue de 43 milliards depuis le début de l’année à 920 milliards d’euros fin mai contre 878 au 31 décembre – Avec Mr Pebereau (directeur de BNP Paribas), auteur du rapport sur la dette, c’est la garantie que les intérêts des banques ne seront pas oubliés.
Suivant les déclarations de Francois Fillon, on sait déjà dans quel sens s’orientent les économies, sur le social, bien sur..
Enfin, on sait également qu’elle veut responsabiliser la « mondialisation », à grand coups d’incantations et de « recommandations », ce qui sans nul doute sera très efficace et de nous faire comprendre ses « avantages ».
Mais il n’y a pas a s’inquiéter des effets pervers de ces mesures éventuelles (N’oublions pas que c’est le Président qui décide), les français deviendront bientôt tous des dirigeants d’entreprises multinationales! Quoi, vous n’y croyez pas ?

« Christine Lagarde- A la recherche de la nouvelle star-


Le garçon Boucher
avril 29, 2007, 12:36
Filed under: Medias, Politique

Comme chaque semaine, Eric le Boucher nous a pondu un chef-d’oeuvre dans le Monde.
Il s’agit d’une discussion entre deux personnes, au Lutetia (un hôtel 4 étoiles à Paris, pas au café du coin), On ne sait pas si le dialogue est inventé ou non, mais s’il est réel, on peut admirer le courage de ce journaliste d’exception, qui ose se rendre là où l’information se trouve, même si c’est dans le confort d’un salon parisien!
Ceux sont deux hommes qui ont voté Bayrou au premier tour et, oh agonie, se demandent pour qui ils vont voter au second. Un penche pour Ségolène Royal et l’autre, un peu condescendant, essaie de le rappelle a la raison. En premier lieu il le prévient ; pas de TSS (Tout sauf Nicolas
Sarkozy), une manière de dire que sa patience, ainsi que sa capacité à accepter les critiques sont limitées. Si cela est censé être représentatif des électeurs de Nicolas Sarkozy, on voit ce qu’ils entendent par « dialogue constructif ». L’autre ne lui répond pas : pas de TSR ! Non, non il encaisse. Passons.
Tout au long de l’entretien, le bayrouiste qui va voter pour Sarkozy consent a admettre quelques incoherences :

Oui, mais lui voulait seulement défiscaliser l’employé, pas supprimer les taxes pour l’employeur. Du coup, c’est hyper- coûteux et ça va pas encourager l’embauche ! Le risque est gros : c’est pour les « in » pas les « out » du marché du travail ; en dehors des restos et du BTP, ça n’aura aucun effet de croissance. Rien sur l’industrie.

– D’accord, c’est un peu au pif. Mais avoue que ça va dans le bon sens. Réhabiliter le travail, c’est l’essentiel ! Comme de vouloir introduire un contrat unique entre CDD et CDI

Là j’avoue que je n’ai pas tout suivi, j’aurai posé deux questions : en quoi le travail mérite-t-il d’être réhabilité? (des faits concrets, svp) Et, quel est le rapport avec la création d’un nouveau contrat de travail apportant moins de garanties a l’employé? Personnellement, je pense que tous les gens qui se lèvent le matin pour aller travailler, payés au SMIC, qui font parfois des heures supplémentaires non rémunérées, n’ont aucune leçon à recevoir sur le travail. Et surtout pas de l’establishment qui prend son café au Lutetia. Le bayrouiste Ségolenien, bizarrement ne répond rien. Il continue encaisser.

Un peu plus tard dans la « conversation » :

T’as vu ce qu’il a dit au Monde sur la sidérurgie ? « Je ne veux pas qu’on reproduise l’erreur commise dans les années 1970. » Qu’est-ce qu’il veut dire ? Qu’on n’aurait pas dû privatiser ? C’est délirant !

– T’as raison. C’est son Guaino (Henri Guaino, ancien commissaire au Plan) qui le rend national-léniniste.

Le pauvre Nicolas Sarkozy! S’il dévie d’un pouce du sacro-saint dogme libéral ce n’est pas de sa faute, c’est de la faute à ses conseillers! Un peu comme le Pape, sa pensée est infaillible. Ce sont les autres qui se trompent, pas lui. S’ensuit une diatribe ultra-libérale contre l’État, source de tous les maux et surtout « L’Etat social » qui est « inefficace« (nota bene : inefficace signifie ici, qui redistribue de l’argent , sous formes d’allocations, aux plus défavorisés)
A ceci le « ségolenien » répond de manière stupide, décidément, il manque beaucoup de punch, et il est presque sur le point de changer d’avis…
Un peu plus tard, il arrive à placer un argument intéressant, alors que l’autre critiquait le manque de compétence de Ségolène Royal (sans l’illustrer d’aucun exemple, ni même d’un argument).

Elle en a convaincu d’autres. Regarde la liste des économistes autour d’elle : Daniel Cohen, Thomas Piketty, Dominique Méda. Qu’elle soit avec eux et, pour la démocratie participative, avec Pierre Rosanvallon, ça devrait te séduire ! Ce sont des gens qui détiennent la bonne adaptation à la mondialisation : innovation, PME, éducation supérieure, mais sans faire porter l’ajustement par les salariés les plus faibles.

– Ce sont des intellectuels.Manque tout le circuit administratif pour implémenter les changements.

La réponse est fulgurante : Ce sont des intellectuels, donc ils ne savent rien! Et bien sur, on n’a jamais vu d’intellectuels (pour certains, utiliser les guillemets) se rallier à la cause de Nicolas Sarkozy! On aimerait savoir ce qu’est le fameux circuit administratif, mais bien sur nous n’en saurons rien. Que se cache-t-il sous cette expression, une sorte de mot valise dont je soupçonne la vacuité.

La fin du dialogue est surprenante :

Tu dis que Sarko est ringard dans son analyse. Mais je préfère un ringard qui modernise plutôt qu’une moderne qui ringardise.

L’autre n’avait accuse personne de ringardise..enfin passons. La deuxième phrase est absurde, un ringard qui modernise? C’est à dire?? Enfin, l’interlocuteur pro-Ségo semble sombrer dans l’irrationalité, et il se fait taper sur les doigts comme un écolier : « Stop ! On a dit pas de TSS ! » Fin du dialogue.

Un bel exemple ,ou sous couvert d’opposer deux points de vue, on dénigre les partisans de Ségolène Royal, en les faisant passer pour de vrais imbéciles. Du grand journalisme, en effet.
Les lecteurs du Monde, conspuent régulièrement les articles d’Eric le Boucher, ses prises de positions ultra-libérales, son manque d’arguments concrets, ses sources d’informations erronées, voire falsifiées… on peut y ajouter :son manque total de déontologie journalistique. Mais chaque semaine, c’est la même chansonnette, à croire que le journal  » le Monde » n’est pas fait pour les lecteurs, mais pour le staff de campagne de Nicolas Sarkozy.



journalisme ou communication?
avril 12, 2007, 6:07
Filed under: Medias

Conseil: lisez donc l’excellent article de Jamel Lakhal et Henri Maler sur Acrimed. C’est tout a fait symptomatique de la campagne. Art de ne pas en venir aux faits, art du remplissage. On ne s’intéresse plus aux programmes, ni aux idées, mais aux « personnalités » des candidats. Un grand mot pour ne rien dire.
Pendant cette campagne présidentielle, l’on aura au moins pu constater l’affligeante nullité des questions posées aux candidats, l’absence de recul critique vis a vis des candidats
(articles où transparaissent une certaine fascination pour Nicolas Sarkozy ou Segolène Royal), et surtout, sans doute le cote le moins reluisant : les journalistes ont globalement été « faibles avec les puissants, et forts avec les faibles », ils n’ont pas su mettre Jean Marie Le Pen face à ses contradictions, au contraire, ils lui ont déroule le tapis rouge. Ils n’ont pas attaqué Nicolas Sarkozy sur ses prises de position douteuses. Ils ont placé parfois les commentaires sur la tenue vestimentaire de Segolène Royal avant de critiquer ses propositions.
Bien sûr, la faute n’incombe pas seulement aux journalistes. Les politiques recherchent la mise en scène, de leur vie privée notamment, ils aiment à emmener avec eux les journalistes sur des fronts divers, et attendent qu’en échange, ceux-ci leur consacrent un article « comme il faut », sans bavures, sans critiques, de même pour les émissions télévisées où règne un consensus béat. Au lieu d’essayer d’aller à contre-courant, de privilégier une approche plus éthique peut-être, d’éviter la collusion, la majorité des journalistes et leurs rédactions ont choisi la voie de la facilité et des compromissions. Cela ne peut difficilement leur être pardonné.