The Empty House


No more « My Lais »
août 10, 2007, 11:29
Filed under: Histoire

En 1968, la guerre fait rage au sud Vietnam. Les États-Unis, se sont largement impliqués dans le conflit opposant le Nord Vietnam communiste, sous le commandement d’Ho Chi Min, au Sud, présidé,dans un premier temps par Ngo Dinh Diem, un fervent anti-communiste, choisi par le gouvernement américain pour prendre la tête du pays, et soutenu par l’armée américaine. Le Sud est en proie à une grande instabilité, aggravée par l’assassinat de Diem en 1963. Les milices Viet Cong, financées et équipées par des sympathisants communistes et par l’armée du Nord, mènent une intense guérilla pour renverser le régime.
En 1964, rompant avec la politique de non intervention-et de défense- de ses prédécesseurs, et après des attaques essuyées par des navires américains, Lyndon Johnson fait voter la résolution du golfe du Tonkin, qui autorise le président à mener des opérations militaires sans déclarer la guerre. Une guerre qui ne dit pas son nom, en quelque sorte. L’opinion publique soutient dans un premier temps cette intervention, croyant à une victoire rapide. Les citoyens sont également persuadés que la guerre au Vietnam s’inscrit dans un lutte plus globale contre le communisme.
Le nombre des soldats présents sur le terrain augmente rapidement pour atteindre environ 550,000 en 1969, contre environ 70,000 insurgés Viet Cong. Ils ont toutes les difficultés pour contrer ces ennemis mobiles et largement soutenus par la population. Les bombardements intensifs qui frappent au hasard les civils accentue l’hostilité contre les américains.

En ce jour de mars 1968, les soldats de la « Charlie’s Company » sont partagés entre tristesse et envie de vengeance . La veille, l’un des leurs a été tué, quelques autres blessés, en sautant sur une mine artisanale. Après le service religieux, le capitaine Medina leur a désigné une nouvelle cible, le village de My Lai. Il leur assure que les femmes et les enfants auront quitte les lieux, et qu’ils auront seulement l’ennemi à combattre, des huttes à dynamiter ou à brûler. Des objectifs clairs, qui ne sont en fait que des mensonges destinés à remonter le moral des troupes.
Les soldats de la compagnie sont des conscrits pour la plupart, très jeunes, et mal formés. Ils n’ont tenu aucun compte de la formation « express » de deux heures qu’ils ont reçu sur la Convention de Genève et les droits des prisonniers; en règle générale, les soldats avaient d’ailleurs peu de respect envers les populations locales.Avant My Lai, nombre d’entre eux avaient deja commis de nombreuses exactions, restées impunies, dans des villages : viols, meurtres étaient monnaie courante. Le matin du 16 mars, ils vont perpétrer un massacre odieux.
A 8 heures du matin, les soldats de la compagnie « C » pénètrent dans le village, peu après, les premières victimes tombent; des hommes âgés sont attaques à coups de baionnette. Deux heures passent et les victimes s’accumulent, dans le chaos. Une centaine de vieillards, de femmes et d’enfants se réfugient dans un fossé, ils seront impitoyablement assassinés.
A midi, il ne reste plus rien du village de My Lai. Sur ses 700 habitants, 500 ont été tués.
Il faudra un an pour que le public prenne enfin connaissance de cette atrocité. Les clichés du photographe de guerre Ronald Haeberle-présent sur les lieux-, publiées dans Life provoquent un immense scandale.
L’armée, forcée d’enquêter sous la pression populaire, recueille des milliers des pages de témoignages, provenant de centaines de témoins. Cependant, seulement deux hommes seront jugés pour les faits, le capitaine Medina, et le Lieutenant Calley, qui avait ordonné que l’on tire sur les civils dans le fossé.
Au terme d’un procès confus, Medina sera acquitté. Calley lui sera condamné à la prison a vie, avant d’être libéré par le président Nixon.
Pour avoir une idée de la monstrueuse irrationalité dans laquelle avaient basculé les soldats, voici un extrait du procès de Calley. Il s’agit de l’interrogatoire d’un des témoins, ayant participé au massacre, mais non inquiété car ayant quitté l’armée depuis-

Q: What were the children in the ditch doing?
A: I don’t know.
Q: Were the babies in their mother’s arms?
A: I guess so.
Q: And the babies moved to attack?
A: I expected at any moment they were about to make a counterbalance.
Q: Had they made any move to attack?
A: No.

A la suite de l’immense émotion provoquée par le crime, la majorité de la population américaine s’opposera à la poursuite de la guerre. L’armée par la suite adopta le mot d’ordre suivant : No more My Lais… A méditer.

sources :
Wikipedia
law.umkc.edu
vietnamwar.com

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3 commentaires so far
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on dirait qu’en Irak ils ont oublié cette belle résolution…
et pendant ce temps là à Kennebunkport, les maîtres du monde mangent des hot-dogs
;(

Commentaire par CéCilette

Cela me fait rêver ces gens qui s’imaginent qu’une « guerre propre » est possible. Que l’on peut s’imposer par la force à une autre population seulement avec de bonnes intentions, des boules de papier mâché et des élastiques lance-boulettes. La guerre est sale et machiavelienne par définition. Si éventrer un adversaire pour le pendre avec ses trippes peut démoraliser l’ennemi, on le fera. Tout est bon pour l’emporter et la déshumanisation de l’ennemi supprime toutes les barrières de la morale. Dès le premier sang versé, le cycle de la vengeance est sans fin. Depuis le début de l’histoire, jamais une armée en campagne n’a fait plus de vingt kilomètres sans perpétrer une atrocité. Je donnerais une mention spéciale aux troupes de Louis XIV qui ont ravagé le Palatinat, un satisfecit à l’Armée Russe, le prix du jury pour les troupes de Charles Quint et le pillage de Rome, un ours d’argent pour les Khmers rouges, l’ours d’or pour les Japonais à Nankin et le lion d’or pour les allemands et l’ensemble de leur oeuvre en Europe de l’Est……

Commentaire par Herbert le grand Khan

@ Herbert

Oui pourtant on nous balance toujours ces idioties de « frappes chirugicales » et tout le monde y croit 😦 .

Commentaire par lamaisonvide




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