Classé dans : Politique
Qui se propose pour aider le PS à se reconstruire ? Claude Allègre bien sur. Je n’abuse pas des insultes d’habitude, mais quel c….
Voici ce qu’il nous propose :
“Pour limiter la casse, il faut que le PS arrête avec l’opposition frontale pratiquée par François Hollande”
Et en pratique ? Imiter le mode de pensée de ce grand théoricien de la compromission :
“Je n’ai pas envie de laisser démolir le code du travail même si, c’est clair, il faut le modifier largement. L’instauration de peines incompressibles me pose aussi problème, même si je comprends qu’on soit choqué par le laxisme de certains juges.”
En gros c’est un peu tout et n’importe quoi, dans le sens du vent, bien sur. La solution miracle, pour se rénover, c’est de reprendre à son compte les idées de Nicolas Sarkozy, et de “comprendre” qu’en fin de compte, il avait partiellement raison, voir complètement. Et puis changer le nom du PS pour devenir l’UMP bis, pour mieux se rapprocher du pouvoir. Adopter une pensée qui sert les gouvernants en espérant grappiller quelques miettes. C’est que le nouveau Lyssenko connait bien son sujet.

15 commentaires jusqu'à présent
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Lyssenko. Ca lui va bien au teint.
Pour le reste, je ne vais pas dire tout ce que je pense d’Allègre, ce sera ma b.a. du jour. Je vais juste dire très calmement, très poliment, que je ne comprends pas que ce monsieur n’ait pas été viré du PS au lendemain de ses manoeuvres du second tour. Enfin, passons.
Sinon, je me permets de te proposer ce très bel éloge de la lecture(qui n’est pas de moi).
Peut-être t’y reconnaitras-tu ?
Commentaire par Antoine mai 28, 2007 @ 3:47“”Je n’ai qu’une passion: les livres. Pour moi, ce qui n’est pas dans un livre ne vaut rien. Tout ce qui est en dehors de la page faite ou à faire n’est qu’un sinistre brouillon. La vie est à mettre au propre. J’ai toujours considéré la pensée comme un rat qui grignote une poutre dans une vieille ferme. Beaucoup de personnes font une différence marquée entre l’écriture et la lecture: je ne me suis jamais senti coupable de lire davantage que ce que j’écris. Ecrire ? Lire ? Rien de plus ! Beignets de cervelle que tout cela. Je crois qu’il faut lire énormément pour écrire un peu. On ne lit jamais assez. C’est en lisant comme un fou, moitié illuminé, moitié malade, qu’on entre dans cette espèce de rumeur interne, de monologue incessant qui permet d’écrire.
De tous les actes qu’un type de mon genre peut encore accomplir, le plus messianique est sans doute la lecture. Lire et écrire sont les deux mêmes moitiés d’une activité immémoriale.
Commentaire par Antoine mai 28, 2007 @ 3:48Lire est une activité sensuelle, secrète, c’est ma rituelle démence intime quotidienne perpétuelle… J’entre dans les univers littéraire avec une espèce d’effroi suave. Les grands auteurs sont tous de grosses cathédrales où je m’enfouis dégueulassement. J’ai lu partout, comme j’écrivais: dans les hôtels, les villas, les trains, les voitures,les gares, les appartements. Rien ne me dérange parce que je suis perpétuellement dans la Littérature. Quand je m’approche d’une oeuvre, je flageole des rotules, je me sens les ventricules s’entrelarder de grisants frissons; je succombe d’évanouissements contenus. je deviens un bâton qui tremble et j’essaie de me supporter -mais ça finit toujours mal parce qu’ avant d’arriver au bout, je me roule par terre, je hurle dans la bave-, j’essaie de supporter les plus éprouvants de beauté et de force: un tirade du “Roi Lear”, un “Raccroc” de Tristan Corbière, la description d’une machine de Raymond Roussel, la fin d’un chapitre de John Cowper Powys ou la densité d’une page d’Elie Faure sont pour moi presque insoutenables. Je me sens désarçonné, emporté dans un univers de gifles et d’ébahissements, et mes relectures sont encore plus violentes: on dirait des accidents de la route… Je ne sais pas me tirer d’une lecture. Je lis jusqu’à manger mon cerveau.
Commentaire par Antoine mai 28, 2007 @ 3:48Je suis en nage. Je coule la chemise !”"
“”(…)Quelquefois, je suis pris d’une grande pulsion érotique pour la noblesse de ces objets. Je suis un fou de livres. Un fétichiste de livres. Je ne peux me passer de leur gravitation. J’ai besoin de sentir leur présence. Quand j’approche un livre, j’entends un lointain murmure étouffé et je vois l’auteur paré de mots. Un vrai livre, c’est l’hallucination du lecteur qui croit -ne serait-ce qu’au détour d’une phrase, dans la douleur d’un mot, dans la tristesse d’une saccade hémorragique de points de suspension, dans l’ironie d’une majuscule ou le cri d’un point d’exclamation- voir le corps de l’auteur. Ecrire, c’est transmettre à travers les mots, la sensation de sa propre présence, de son allure, de son immonde promiscuité.”"
Commentaire par Antoine mai 28, 2007 @ 3:49ERRATUM
Dans le second commentaire de 3:48, il fallait lire:
“j’essaie de supporter les passages les plus éprouvants de beauté et de force: un tirade du “Roi Lear”, un “Raccroc” de Tristan Corbière, la description d’une machine de Raymond Roussel, la fin d’un chapitre de John Cowper Powys ou la densité d’une page d’Elie Faure sont pour moi presque insoutenables. “
Commentaire par Antoine mai 28, 2007 @ 4:00@ Antoine
Tres beau texte, en effet, c’est de qui?
Commentaire par lamaisonvide mai 28, 2007 @ 4:32Mystère…
Je suis vraiment ravi que cela t’ai plu, lily
As-tu déjà lu Proust, lily ? Céline ? Qu’en penses-tu ?
Commentaire par Antoine mai 28, 2007 @ 5:17Ah ? Tu ne me réponds plus tant que je ne t’ai pas donné l’auteur, c’est ça ?
C’est cruel ! J’hésite !
Chantage !
Commentaire par Antoine mai 28, 2007 @ 6:21@ antoine
Proust et Celine, pas encore, Proust j’ai pas réussi, et Céline je n’ai pas encore essaye. J’attends la réponse
Commentaire par lamaisonvide mai 28, 2007 @ 7:01“”Plus on écrit, moins on communique avec les autres. C’est le plus grand recul, le plus tragique mutisme que peut espérer un être humain, silence qui lui donne toute sa musique et tout son sens. La littérature ne travaille pas dans les vapes. Elle n’avance pas par “spectres” divers, elle travaille dans la mort, dans la réalité, c’est la réalité.
Se servir des mots ! Ces bâtards de mots ! Les mots, c’est comme le blues, ça fait partie du domaine public: il faut trouver une mélodie qui parcoure la trame, qui explore le carcan. Les mots sont lourds de sens parce que tout le monde s’en sert. Ils ressemblent à ces gros buffles d’Afrique qui se roulent dans la boue: leur saleté a quelque chose de sacré, de noble. C’est un tapis très spécial que la page où viennent se rouler les mots, cabrioler dans la pelouse.
Commentaire par Antoine mai 28, 2007 @ 7:50Ce ne sont pas les gros mots qu’il faut chercher, ni l’argot. Ce sont les mots salis, comme Miles Davis salit, salive les notes dans ses chorus. Et aussi les grands mots creux, parce qu’ils résonnent mieux. Ou alors les mots forts. Par exemple, “charme” et “enculé” ont la même force. Bien qu’ils ne signifient pas la même chose, ils vont dans le même sens.
Les mots ne sont pas de simples mots. Ils tombent “sous” le sens. Ce sont des espèces de mariées qui trainent derrière elles des kilos d’échafaudages de gazes subtiles et lourdes. Je n’aime pas les mots à la légère, j’aime les mots lourds, lourds de sens, croulant sous l’usure du sens.
Commentaire par Antoine mai 28, 2007 @ 7:50Il existe des mots qui ne veulent rien dire mais qui sont bien pratiques. Chef-d’oeuvre, génie, beauté… J’aime employer le mot “beau”", parce qu’il est très puissant dans la subjectivité du lecteur. Ceci est beau ! Ca fait une bombe dans l’esprit qui lit. Il voit tout de suite ce que je veux dire sans que je sache à quoi je lui fait penser. Ce qu’il trouve beau est ce qui compte le plus à ses yeux. C’est pas la peine de lutter contre ça. Ce ne sont que des mots, comme on dit, et il faut utiliser toute leur efficacité ancestrale, au moins auront-il conservé quelque intérêt.
Pareil pour le roman. La vie est un roman. C’est vrai ! Plus romancée, plus romanesque, plus romantique que tous les romans.
Sans aucun doute. C’est la timbale aux poncifs chiants ! Moi, j’écris ma littérature comme un roman. C’est le roman de la littérature en train de détruire un individu.”"
Voilà, c’était pour me faire pardonner de ne pas te donner la réponse. J’espère que j’ai réussi
Commentaire par Antoine mai 28, 2007 @ 7:51@ antoine
Je trouverai quelque part sur le net, puisque c’est comme ca !
Commentaire par lamaisonvide mai 28, 2007 @ 7:55Ca m’étonnerais…
Commentaire par Antoine mai 28, 2007 @ 7:58@ Antoine
Ton blog c’est pour quand ?
Commentaire par lamaisonvide mai 28, 2007 @ 8:51